Accueil  >  Type de post  >  Articles  >  La cyber sécurité, source d’innovation : L’approche originale de l’expérimentation de la région Bretagne [par Amélie Rives, CEIS]

FIC Tech

La cyber sécurité, source d’innovation : L’approche originale de l’expérimentation de la région Bretagne [par Amélie Rives, CEIS]

S’appuyant sur un éco-système industriel local dynamique en constant développement, la région Bretagne a lancé en 2016 un appel à projets de 800K euros destiné à des projets d’expérimentation dans le domaine de cybersécurité. Un dispositif unique et original au cœur duquel la MEITO, pôle régional d’entreprises du numérique et de l’électronique, joue un rôle...

S’appuyant sur un éco-système industriel local dynamique en constant développement, la région Bretagne a lancé en 2016 un appel à projets de 800K euros destiné à des projets d’expérimentation dans le domaine de cybersécurité. Un dispositif unique et original au cœur duquel la MEITO, pôle régional d’entreprises du numérique et de l’électronique, joue un rôle clé d’accompagnement et d’assistance à maîtrise d’ouvrage. Son objectif : des partenariats gagnant-gagnants qui permettent aux expérimentateurs de faire de la cyber sécurité une source de compétitivité plutôt qu’un centre de coût, tout en favorisant l’accès au marché de solutions innovantes portées par des PME prometteuses

 

La MEITO, un rôle de coordination indispensable

La MEITO, qui compte parmi ses membres près de 60 entreprises dans le domaine de la cybersécurité sur un total de 220 adhérents, est l’un des piliers de ce dispositif. Forte d’une connaissance précise du tissu industriel local et des métiers de la cybersécurité, et d’une bonne compréhension des enjeux de ce secteur, elle se positionne comme un intermédiaire indispensable entre les monteurs de projets et la région.  D’une part, elle accompagne les expérimentateurs dans l’expression de leur besoin et identifie les PME locales porteuses de solutions susceptibles d’y répondre ; d’autre part, elle joue auprès de la région un rôle d’assistance à maîtrise d’ouvrage.

La démarche de la MEITO est d’abord proactive et s’appuie sur une connaissance précise de l’offre et de la demande locales, et sur des liens étroits avec les industriels bretons. Elle recherche ainsi les expérimentateurs potentiels parmi les entreprises de tous les secteurs d’activités, et identifie celles qui souffrent d’un manque de compétences en cybersécurité en interne ou celles dont la solution pâtit de l’absence d’une composante cybersécurité. Elle joue alors un rôle d’intermédiaire ou d’agent, en mettant en relation ces entreprises avec les porteurs de projet.  Elle sélectionne ces derniers parmi les PME ou start-ups locales disposant elles de compétences en matière de cybersécurité ou de solutions innovantes permettant d’améliorer une offre incomplète.

L’engagement de la MEITO se poursuit dans les étapes suivantes du dispositif puisque c’est elle qui accompagne le porteur de projet dans la présentation de son dossier au Comité d’expertise et de son jury composé de l’ANSSI, de la DGA-MI, du Pôle I&R, de la Technopole dédiée et de la région Bretagne. C’est encore la MEITO qui supervise ensuite l’attribution des financements disponibles aux lauréats. Un rôle d’intermédiaire essentiel donc entre les porteurs de projets, les expérimentateurs et la région, qui lui permet de faire de l’APP un dispositif qui bénéficie à toutes les parties.

 

L’APP régional, accélérateur de business au service de l’économie locale.

Ce dispositif n’est pas envisagé comme une aide à la R&D mais bien comme un accélérateur de business qui doit permettre à des PME ou des start-ups qui possèdent des solutions déjà matures d’accéder au marché en les commercialisant auprès de sociétés plus solides. Pour celles-ci, les expérimentateurs, il s’agit soit de combler un besoin en cybersécurité non couvert et qui nécessite un investissement parfois lourd, soit de compléter une offre par une solution innovante qui leur permettra de se différencier et de gagner en attractivité et en compétitivité. Les technologies ciblées sont celles qui contribuent au renforcement de la disponibilité, de la confidentialité, et de l’intégrité des données dans leur stockage, traitement ou transmission.

L’APP s’adresse donc à des sociétés offreuses dont la solution est finalisée ou en cours de finalisation, et doit s’inscrire dans le cadre d’une stratégie de développement déjà définie par le dirigeant de l’entreprise. C’est ce critère, plus que la taille ou l’âge de l’entreprise en question, qui détermine l’attribution du financement. La société Energiency[1], par exemple, n’avait ainsi que 3 semaines d’existence quand elle a bénéficié de l’APP en 2013.  Quant à la société CalLabs[2], start-up fondée en 2013 et candidate à l’APP 2016, elle envisage l’expérimentation comme une étape indispensable de son développement. Son projet met en effet l’accent sur les avantages croisés d’un tel partenariat :  validation en condition réelle de ses solutions pour CalLabs, et possibilité de renforcer l’infrastructure existante et de faire qualifier leur solution pour l’expérimentateur.

Le mécanisme de financement et le montant attribué doivent donc permettre de s’adapter au stade de développement de la société et de sa solution, et à d’éventuels besoins d’ajustements techniques spécifiques. Deux dispositif coexistent : pour les projets les plus risqués et inférieurs à 200K€, une subvention plafonnée à 50K€ et couvrant jusqu’à 35% des dépenses éligibles, et pour les projets les plus importants, une avance remboursable couvrant jusqu’à 50% du montant du projet. Les solutions sélectionnées doivent démontrer à la fois leur dimension innovante, leur viabilité, et leur valeur ajoutée pour l’économie locale.

Les retombées économiques et les répercussions sur le tissu industriel local sont en effet évidentes. Ce dispositif d’expérimentation permet à la fois d’attirer des investisseurs et intégrateurs en Bretagne et de consolider et enrichir l’écosystème industriel breton. Et ce d’autant plus que s’il est réservé à des start-ups locales, il est en revanche accessible à des expérimentateurs de toute origine, ouvrant des perspectives de développement sur le reste du territoire ou à l’international pour les projets bénéficiaires.

Le dispositif de l’APP régional profite donc à toutes les parties : aux expérimentateurs, en leur offrant la possibilité de consolider leur offre et de se différencier à moindre coût, aux PME et start-up innovantes locales en les aidant à se développer rapidement, et à la région dont le tissu industriel s’enrichit de sociétés plus solides et plus compétitives.

 

Cet article fait suite au Petit Déjeuner de l’Observatoire du FIC du 24 mai 2017. Des informations plus détaillées sur le dispositif d’Appel à Projet régional sont disponibles sur le site de la MEITO : http://www.meito.com/accueil/nos_services/financer_l_experimentation

[1] http://www.energiency.com/

[2] http://www.cailabs.com/

 

Pin It