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Sécurité opérationelle

Bonnes pratiques face à une tentative de cyber-extorsion [Par Adrien Petit, CEIS]

1. Typologie des différents cas de cyber-extorsion Le type le plus répandu de cyber-extorsion est l’attaque par crypto-ransomware. Ce dernier est une forme de malware qui chiffre les fichiers présents sur la machine infectée. Une rançon est par la suite demandée afin d’obtenir la clef qui permet de déchiffrer les données compromises. Ces attaques touchent autant...

1. Typologie des différents cas de cyber-extorsion

Le type le plus répandu de cyber-extorsion est l’attaque par crypto-ransomware. Ce dernier est une forme de malware qui chiffre les fichiers présents sur la machine infectée. Une rançon est par la suite demandée afin d’obtenir la clef qui permet de déchiffrer les données compromises. Ces attaques touchent autant les particuliers que les acteurs du monde professionnel. Il existe cependant deux autres types de cyber-extorsion auxquels doivent faire face les sociétés.

Le premier cas est celui du chantage faisant suite à un vol de données internes. L’exemple le plus marquant de ces derniers mois est celui du groupe Rex Mundi : ce dernier dérobe des informations sensibles/confidentielles – comme une base clientèle – puis demande une rançon à sa victime sous peine de divulguer son butin et par conséquent de rendre public l’acte de piratage; ce qui peut être fortement compromettant pour la société ciblée comme pour sa clientèle. De nombreuses entreprises comme Dexia, Xperthis, Voo ou encore Labio ont été victimes des chantages du groupe Rex Mundi.

La deuxième pratique est celle du DDoS contre rançon, spécialité des pirates d’Armada Collective. Le modus operandi est simple et efficace : la cible reçoit un email l’invitant à payer une rançon en Bitcoin afin de ne pas se voir infliger une puissante attaque DDoS qui rendrait son site web indisponible à ses utilisateurs. La plupart des victimes sont des sociétés de taille intermédiaire dont le modèle économique est basé sur le principe de la vente en ligne – produits ou services – comme le fournisseur suisse de services de messagerie ProtonMail en novembre 2015.

 

2. Bonnes pratiques à mettre en place

a) En amont de la tentative de cyber-extorsion

Un ensemble de bonnes pratiques permet d’éviter qu’une attaque par ransomware se finalise par une demande de rançon.

Il convient de mettre en place une stratégie de sauvegarde – et de restauration – régulière des données. Ces back-ups doivent être séparés du réseau traditionnel des utilisateurs afin d’éviter d’être chiffrés en cas de déploiement d’un crypto-ransomware. Dans ce cas de figure, le système pourra être restauré sans avoir besoin de payer la rançon exigée.

La propagation d’un malware peut également être évitée par l’installation d’outils/solutions de cybersécurité notamment au niveau du client, du webmail et du système d’exploitation (antivirus). Ceci doit obligatoirement être couplé à une mise à jour régulière du système d’exploitation et de l’ensemble des logiciels installés sur le parc informatique.

L’être humain étant toujours le principal maillon faible de la chaîne, il est primordial de sensibiliser les collaborateurs afin qu’ils adoptent des comportements non-risqués. Par exemple : ne pas cliquer sur les liens et ne pas ouvrir les pièces-jointes provenant d’expéditeurs inconnus, ne jamais renseigner ses coordonnées personnelles ou bancaires à des opérateurs d’apparence légitimes (banques, fournisseurs d’accès Internet, services des impôts, etc.).

Ces bonnes pratiques s’appliquent également dans le cas d’un chantage faisant suite à un vol de données internes. Ces dernières sont en général dérobées via l’envoi dans un premier temps d’un spam contenant une pièce jointe malicieuse ou une URL redirigeant vers un site web compromis. Une fois le système d’information compromis, un malware est déployé afin de voler les informations ciblées.

La menace provient également de l’intérieur : un employé mal intentionné peut aussi mettre en place une tentative de cyber-extorsion en menaçant de divulguer des informations sensibles/confidentielles. Ainsi, il est important de gérer les accès par une hiérarchisation des droits et un cloisonnement.

b) Pendant la tentative de cyber-extorsion

Lors d’un chantage faisant suite à un vol de données internes, il est important de se renseigner sur la véracité des informations qui ont été dérobées. Certains groupes de pirates se spécialisent dans des tentatives de cyber-extorsion basées sur de fausses informations et abusent de la crédulité de leurs victimes. Il en va de même concernant l’origine du corbeau : de nombreux usurpateurs imitent le style du groupe Armada Collective et envoient massivement des emails de chantage à des TPE/PME. Ces dernières cèdent fréquemment à ces attaques qui ne sont pourtant que des canulars.

Il est vivement recommandé de ne jamais payer une rançon car le paiement ne constitue pas une garantie. De nombreuses victimes sont amenées à payer une somme bien plus conséquente que la rançon initialement demandée. Il n’est pas rare de constater que les échanges débutent de manière très cordiale afin de mettre la cible en confiance. Si cette dernière cède au premier chantage, l’attaquant n’hésite pas à profiter de sa faiblesse afin de lui soutirer le plus d’argent possible. Il abuse de techniques basées sur l’ingénierie sociale afin d’augmenter ses profits. Ainsi, l’escroc gentil n’existe pas et le paiement de la rançon ne fait que l’encourager dans sa démarche frauduleuse.

De nombreuses victimes refusent de porter plainte et cela pour plusieurs raisons. Elles estiment à tort que c’est une perte de temps et refusent également de communiquer sur les résultats et conséquences d’une attaque qui ne feraient que nuire à leur image auprès des clients, fournisseurs ou partenaires. Pourtant cette mauvaise stratégie ne fait que renforcer le sentiment d’impunité des attaquants, les confortent dans le choix de leurs modes opératoires et leur permet de continuer leurs actions malveillantes. Il est ainsi vital de porter plainte lors de chaque tentative de cyber-extorsion. L’aide de personnes qualifiées permet de faciliter ce genre de démarches.

En cas d’attaque avérée, il est essentiel pour la victime de s’appuyer sur un panel de professionnels habitués à gérer ce type de situation. La mise en place d’une politique de sauvegarde ou bien la restauration d’un parc informatique n’est pas à la portée de toutes les TPE/PME. Il est nécessaire de faire appel à des prestataires spécialisés dans la réalisation de ces opérations complexes.

Par ailleurs, en cas de publication de la part de l’attaquant de données sensibles/confidentielles, il convient de mettre en place un plan de gestion de crise. La communication est un élément central dans ce cas de figure et nécessite l’aide de spécialistes.

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